Colombe Schneck est d'abord une journaliste spécialisée dans les médias. Elle a travaillé notamment pour France Inter et pour I/télé. Elle est l'auteur de L'increvable Monsieur Schneck et Sa petite chérie.
Val de Grâce
" Est-ce qu'on me pardonnera d'avoir été aimée à ce point ?"
Ce sont les quelques mots qui ornent la couverture de ce texte mystérieux. Le titre évoque plutôt l'hôpital ou encore l'église. En fait, rien de cela !
Val de Grâce, un nom magique , l'évocation d'un héritage, un nuage de bonheur, un brouillard de tendresse. L'écrivaine est à la recherche du temps disparu. Celui de l'enfance, de l'insouciance, de l'amour cristallisé par ce lieu magique.
Val de grâce ou l'évocation d'un temps béni, de souvenirs à chérir. L'écriture de l'auteur cherche à brosser tous les attraits de son paradis perdu, sa plume poétique, empreinte de nostalgie, tente de saisir in extenso toutes les réminisences de ce lieu unique.
L'auteur nous invite à la suivre dans ses pérégrinations mémorielles. Elle erre dans un autre temps, et tente de revivre ces moments de bonheurs à jamais disparus. C'est aussi la plongée dans l'héritage. Héritage du souvenir, héritage du lieu, héritage de la mémoire, et des valeurs.
Val de Grâce est une très longue promenade, parfois trop longue et redondante. La description omniprésente peut parfois porter préjudice au texte. Néanmoins, cette apologie de l'amour parental ne peut pas laisser indifférent.
A vous de voir si vous lui pardonnerez...
Albertine
Les avis de : Hélène , Lili , Clarabel , Aline
Sa première oeuvre est publiée en 2003 : Retour à Bruxelles. Plébicité par le public, le philosophe publie l'année suivante, A la Porte et un essai remarqué : La Preuve de l'existence de Dieu. Fasciné par Kindergaard, il rédige de nombreux ouvrages sur le philosophe. Il publie un autre roman : Ce qui est perdu. Son dernier roman , La chaussure sur le toit est paru chez Gallimard en 2007et a fait notamment parti de la séléction du prix de l'Académie française.
Ce roman est celui du croisement. Tous les personnages fréquentent le même immeuble, près de la gare du Nord, et ont tous, comme point de focalisation, une chaussure sur le toit.
Ce sont dix récits imbriqués les uns dans les autres. Derrière chaque porte d'appartement se cache une histoire...de chaussure. Chaque chapitre ouvre une fenêtre sur un destin ; tour à tour, on rencontre un enfant, un immigré sans papier, une vielle dame, un cambrioleur amoureux et éconduit, un trio de malfrats, un chien, un artiste contemporain, un présentateur d'une émission littéraire...Tout ce petit monde est ligaturé par un élément unique et non moins rocambolesque, une chaussure trônant sur le toit . Ce sont dix histoires de chaussure, mais aussi dix petits bouts d'intimité et de vie.
C'est avec un art de la subtilité que Vincent Delecroix parvient à relier chaque personnage par une histoire de chaussure, et même quand on pense qu'elle n'est plus au centre du récit, elle réapparaît comme par magie !
La chaussure, objet aussi trivial que banal réussit à être le sujet de ce joli roman, sans jamais nous ennuyer. Tantôt symbolisant l'amour, tantôt l'espoir ,ou même objet de colère, la chaussure réussit à tisser une farandole d'émotions.
C'est original, c'est drôle, c'est bien écrit. J'ai trouvé chaussure à mon pied !
Albertine
1. Sebastien L le 03-06-2009 à 18:59:11 (site)
Blog que je découvre en même temps que cet article, grâce à ton commentaire sur Lireplus: le globe-lecteur
Très belle chronique d'ailleurs, beaucoup de style dans la chronique, j'aime beaucoup!
Un prochain échange de liens s'impose ^^
A bientôt!
Ecrivain français né au Maroc, Pennac est l'auteur de nombreux romans comme la Fée carabine ou Au bonheur des Ogres. C'est son essai Chagrin d'école qui le consacre par l'obtention du prix Renaudot.
Chagrin d'école
Encore en tête des gondoles des grandes surfaces spécialisées, le petit malin attire l'oeil. Alors, vendu. Un prix Renaudot, forcément un essai qui doit valoir la peine. Le nom me dit quelque chose, un succès en librairie. En poche, ce sera plus pratique !
Hissant Pennac dans mon sac, l'aventure commence. C'est celle du cancre, du rebus de l'école. Il y en a eu avant lui, et il y en aura d'autres après lui. Rétrospective sur ses propres échecs et analyse de l'adulte. De cancre à professeur, l'histoire est bien connue, et c'est peut être ce qu'on appelle l'ironie du sort. Qui ne s'est pas un jour trouver confronté à l'échec scolaire ? Qui peut prétendre ne pas avoir connu quelqu'un en grande difficulté face à une matière ? Quelle mère ou quel père ne s'est pas inquiéter de voir son chérubin avoir zéro en dictée ?
Ce livre est intéressant car il pose des questions. Il approche le cancre, mais aussi les parents, l'école ou la société. Pas de solution, des hypothèses. Peut être un peu trop d'idéalisme ?
On peut regretter certaines longueurs, certaines généralités, un conflit souvent survolé, des problématiques essentielles frôlées. Mais, on ne peut pas reprocher à Pennac de ne pas aimer son métier, celui de professeur. Par ailleurs, certaines pages sont des petits joyaux de la langue française. Son analyse du "ça", du "y" et du "en" est une gourmandise dont on se délècte. Monsieur Pennac maîtrise la langue et a du style. Un grand panache. Une plume travaillée mais ô combien gachée par ses interrogations d'écrivain. Que se moque-t-on de savoir qu'il peine à écrire, ou qu'il doute de son projet. Non, vraiment, cela gâte beaucoup notre plaisir de lecteur !
Les petits clins d'oeil à nos patriarches littéraires sont vraiment appréciables, et l'utilisation des techniques sarrautiennes sont délicieuses. Pennac aime les Lettres, c'est sûr . Si son livre m'a laissée indifférente en général, certaines pages m'ont quand même fait sourire et ont rappelé de bons souvenirs...
Albertine
Les avis de : Au Fil des livres ; Marie ; A l'ombre du cerisier
1. brize le 26-05-2009 à 11:49:56 (site)
J'apprécie d'autant plus ton billet que je n'avais pas trop eu envie de lire cet essai à sa parution, donc tu me permets d'en avoir un bon aperçu sans aller y regarder de plus près !
Jérôme Attal est un artiste accompli, chanteur, auteur, compositeur et parolier pour les plus grands. Diariste sur le net depuis 1998, Jérôme a publié plusieurs textes dans la revue Bordel (Stéphane Million Editeur). Son dernier livre vient de paraître : Le journal fictif d'Andy Warhol. Mais c'est son dernier roman, le garçon qui dessinait des soleil noirs dont il sera question ici.

Le garçon qui dessinait des soleils noirs
De la musique avant toute chose ! Que ton vers soit la chose envolée ! Et la prose de Jérôme suit à la lettre le précepte poétique ! C'est une écriture qui fige les émotions d'un instant. Basile encré à jamais dans les mots de l'auteur! Un personnage déchiré. Jeune, talentueux, le jeune homme, amoureux de la musique monte un groupe de rock. Le succès est au rendez-vous. Brutalement, c'est l'oubli, le public passe à autre chose, consomme autre chose. Basile erre et s'interroge sur le vide, son vide.
Il rappelle en filigrane un certain Kurt Koben. L'artiste torturé doit faire face à l'éphémère : les femmes, les amis, le succès...sa vie. Errant dans Paris, de bar en bar, à la recherche de son idéal : la belle Anika.
Il se perd et ne parvient pas à atteindre la plénitude. Il se retrouve seul, sa mère est décédée, Odilon, son frère, l'a quitté. Face à ce monde désincarné, Basile pourra-t-il trouver son chemin ? Atteindra-t-il ses soleils noirs ?
En bonus, à la fin du roman, deux exquises nouvelles, à déguster en écoutant la musique de Jérôme, sur sa page myspace
Albertine
La maison d'édition Stéphane Million Editeur
Hier soir, trépignant d'impatience, j'ai enfin pu visionner le film Millénium ! Arrivée dans la salle de ciné, je suis plutôt surprise de constater que la foule ne se bouscule pas au portillon. Le film commence...pour ne s'arrêter que trois heures plus tard.

Objectivement...cela va être difficile en ayant lu le tryptique ! L'adaptation est plutôt fidèle, l'histoire respectée. L'actrice qui tient le rôle de Lisbeth est transcendante, spectaculaire, époustouflante. C'est une révélation. C'est elle qui fonde le film. Mais voilà, c'est bien le problème !
Le personnage de Lisbeth est totalement incarnée, si bien que les autres personnages sont effacés. C'est elle qui porte le film à bout de ses petits bras frêles. L'acteur ,qui lui donne la réplique, est aussi bon. Pour autant, le film élude complétement les personnages secondaires : exit Erika, gommés les collègues de la rédaction.
La perception de la relation Lisbeth-Blomvisk est également inversée : dans le livre, on a l'impression que c'est Lisbeth qui s'attache , dans le film , c'est le contraire c'est Mickaël, qui est normalement un coureur, qui semble bien épris. Son côté séduction est supplanté et ses relations avec les femmes ne sont pas abordées. Côté réaliste, rien ne nous est épargné, attention à certaines scènes pour les plus jeunes !
Oui, le film tente de respecter le roman, mais, non il y a vraiment trop de longueurs ! Le rythme est en dents de scie, c'est pénible et parfois, on s'ennuie (surtout si l'on a pas lu le livre...cas de la personne qui m'a accompagnée).
Le film manque de relief et ne se hisse pas à la hauteur de l'écriture et du talent de Stieg Larsson !
Albertine
Et vous qu'en avez-vous pensé ?
1. Edmond D. le 27-05-2009 à 00:01:28
Un film d’après un livre n’est jamais facile. Contrairement à beaucoup, Millenium est une adaptation assez réussie du livre. Evidemment les nombreuses pages du roman ne pouvaient pas tenir dans un film, même de plus de 2H30. Il fallait faire des choix. Ici c’est la trame principale du livre qui a été choisie, l’enquête sur la disparition d’Harriet Vanger , et cela ne laisse pas la place à beaucoup d’autre chose. Alors oui, pas de moment pour connaitre les personnages, peu de scènes dans les locaux du journal Millenium, juste assez pour comprendre le titre du film.. Mais sinon l’enquête est bien menée, toutes les scènes principales du livre sont bien là, avec un rythme tout de même soutenu, permettant environ toutes les 10 mn un rebondissement avec un nouvel indice, ou un nouvel événement. Au niveau des acteurs, on retiendra surtout Noomi Rapace qui campe une Lisbeth intrigante (mais pas tant que dans le livre) tel que beaucoup de lecteurs l’avaient surement imaginé. Le seul petit reproche pourrait venir du coté réalisation ‘téléfilm’ à certains moments. Mais plus de moyens, de travail sur la lumière ou sur la réalisation auraient peut-être dénaturé l’ambiance trouble et froide de ce nord suédois pas si mal rendu dans le film.
Pour ceux qui aiment les enquêtes, film à voir donc…en espérant que la suite sera du même acabit.
2. ulaz le 23-07-2009 à 07:50:21 (site)
Merci pour ton commentaire sur mon blog à propos de ce film.
Je suis assez d'accord avec toi concernant les personnages secondaires qui ne sont que très peu développés. (Mais entre nous, cette Erika je ne l'ai jamais aimée donc je suis bien contente de ne pas l'avoir vue davantage !
). Mais il est vrai que le côté coureur de jupons de Mikael est complètement laissé de côté. Après, il s'agit du parti pris du réalisateur qui a choisi de se concentrer sur l'énigme principale. Ca plaît... Ou pas !
Commentaires
1. Yv le 02-06-2009 à 16:11:28 (site)
J'ai trouvé au contraire que les descriptions y étaient le centre même du bouquin et qu'elles n'alourdissaient aps le propos, au contraire. décidément, nos points de vue sur nos lectures diffèrent.
2. Albertine le 03-06-2009 à 07:55:44
Oui, mais je suis d accord avec toi , c'est juste que je trouve qu'elles sont parfois redondantes...c'est bien qu'on ne soit pas toujours d accord, au contraire ! C'est que les livres sont interessants !