Que ceux qui suivaient attentivement "l'amour est dans le pré" se réjouissent. Tout n'est pas fini. Car le roman de Marie-Hélène Lafon, l'Annonce n'est pas sans nous rappeler le pitch de l'émission culte de la chaîne M6.
L'annonce
Ce septième récit de Marie-Hélène se situe dans l'univers rural, univers qu'elle connaît bien, puisqu'elle est née dans le Cantal. Tout commence par une annonce, ou plutôt par la solitude. Paul a 46 ans, il est célibataire. Il vit à Fridières avec ses deux vieux oncles et sa soeur Nicole. Entouré par sa famille, l'homme ne veut néanmoins pas finir seul. Il choisit donc de passer une annonce, pour éviter de finir comme bien des hommes de sa région.
Et c'est Annette, 37 ans qui y répond. La jeune femme vit à Bailleul dans le Nord. Avec Eric, son fils, elle décide de faire le grand saut, et de changer de vie. Cap sur Fridières. Rencontre fracassante entre deux mondes : celui de Paul, symbole d'une campagne et d'une France souvent oubliées, et celui d'Annette, urbain, violent, presque nauséeux. Le couple va devoir faire face à l'entourage de Paul, pas particulièrement ravi de voir débarquer une étrangère.
La plume de Marie-Hélène Lafon est stylisée, identifiable : ce sont de longues descriptions dominées par une ponctuation joyeuse, et une langue parfois désuète, des dialogues avortés ... difficile de rester insensible. Ce qui est saisissant, c'est cette facilité à traduire une pudeur , un silence, et une gêne aussi parfois. C'est une retranscription des non-dits, d'une ambiance, de maladresses, d'un univers où souvent l'on parle peu. Marie-Hélène trace des motifs, et entremêle les symboles comme la chaise, le journal ou le chien, double lecture délicieuse.
Attention, difficile de trouver un pathos ici. Rien d'attachant, plutôt une belle peinture rurale. Au delà donc de ce pitch, qui est plutôt réussi, c'est surtout l'exercice de style qu'on fêtera ici.
Albertine
Les avis de : cuné : Brigitte Encres vagabondes
Le coeur a ses raisons que le raison ne connaît pas... Enfin, jusqu'à ce que Beigbeder nous fasse certaines révélations. A tous les couples qui approchent des trois ans, à tous ceux qui croient en l'amour fuyez ! Douche froide assurée ! Enfin, la douche froide a de belles vertues aussi...
L'amour dure trois ans
Marc Maronnier vient de divorcer. Il vient de quitter Anne après trois ans de mariage pour Alice. Son histoire est celle de beaucoup de couples, en vérité plutôt banale. Alors, pourquoi Frédéric parvient-il à nous remuer à ce point ?
Au delà du récit, c'est une plume cinglante. Mister Beig manie les aphorismes avec aisance, joue avec une syntaxe des plus simples, et nous cloue au pilori par la force de son argumentation.
Sa théorie : l'amour dure trois ans. La faute à nos hormones ? Une explication comme une autre. La première année, vous êtes amoureux, vous souriez en déambulant dans les rues, tout est excitation. La seconde année, vous devenez plus intimes, plus tendres. C'est le moment des petits surnoms, dont Anaïs a fait une chanson. La troisième, c'est le gouffre, l'absence de communication et l'ennui. L'amour s'est enfui.
Beig explore les profondeurs de nos âmes, décomplexifie les mécanismes de la séduction, tente de redéfinir l'amour. Et, il n'y a pas de demi-mesure. C'est saisissant, c'est parfois drôle, c'est parfois triste. Oui, oui, c'est un peu noir, c'est sûr, mais vous pourriez bien être surpris...
Beigbeder est attachant, accessible. C'est un auteur que j'ai eu la chance de rencontrer à trois reprises, et je peux vous le confier, il m'a fascinée. Ce premier texte est bon, quant à son nouveau roman, voici l'avis de Nicolas G en attendant le mien.
Albertine
Quelques extraits :
" L'amour est un combat perdu d'avance"
"C'est soi-même qu'on abîme le plus, quand on fait souffrir quelqu'un".
" J'ai beau savoir que l'amour est impossible, je suis sûr que dans quelques années, je serai fier d'y avoir cru".
" L'amour est une catastrophe magnifique : savoir que l'on fonce dans un mur , et accélérer quand-même ; courir à sa perte , le sourire aux lèvres ; attendre avec curiosité le moment où cela va foirer. L'amour est la seule déception programmée, le seul malheur prévisible dont on redemande".
"L'amour le plus fort est celui qui n'est pas partagé".
" Le bonheur repose sur la confiance alors que l'amour exige du doute et de l'inquiétude"
1. oups007 le 05-09-2009 à 20:08:45 (site)
petit passage dans ton univers! on se permet de faire un passage d'amitié! on repart!!! bisouxxxxxxxxxxx la fée plume et ses merveilleux lutins
2. aurore le 05-09-2009 à 22:19:28 (site)
j'aimerai bien le lire....un jour, comme son dernier livre où c'est parait il plus autobiographique..
4. Albertine le 09-09-2009 à 13:41:09
oups007 : merci de ton petit mot ! Virvevolte, et repasse quand tu veux ! 
Aurore : Oui, il est bien, et puis en poche, c'est accessible !
Ulaz : Non, pas démoralisant, enfin au début oui, en même temps, c'est Beig, on le connaît pour son côté obscur ! Il y a quand-même une reflexion derrière ce récit, pour cela, il est bien ! Effectivement à éviter en cas de chagrin d'amour...
5. Bouh le 01-10-2009 à 14:44:28 (site)
J'aime beaucoup le personnage Beigbeder. Jamais rien lu de lui, j'ai vu 99 francs au ciné qui m'a énormément plu! Très cynique et impardonnable. Je vais m'y mettre un de ces 4
Allez, Allez, il faut venir !
Après le joyeux bordel de la dernière fois, Stéphane Million Editeur remet ça ! Et c'est franchement sympa de pouvoir discuter avec les auteurs et de découvrir de nouveaux textes...
Quand : mercredi 2 septembre 2009, à 19:00
Où : Galerie CHAPPE
Rue André Barsacq
PARIS
Quoi : à partir de 20h
Sylvie Bourgeois, Brèves enfances (Au Diable Vauvert, le 8 octobre)
Alexandra Geyser, En moins bien d’Arnaud Le Guilcher (Stéphane Million Éditeur, le 8 octobre)
Raphaële Germser, Principe de précaution de Matthieu Jung (Stock)
Samantha VanSteen, Ma vie avec Louis Lanher de Louis Lanher (Au Diable Vauvert)
Marie-Lorna Vaconsin, Perdu avenue Montaigne Vierge Marie de Denis Parent (Stéphane Million Éditeur)
Fanny Salmeron, « Betty Joan sur le boulevard », Bordel Rat Pack (Stéphane Million Éditeur, le 8 octobre)
Carole Weiss, Journal fictif d’Andy Warhol de Jérôme Attal (Stéphane Million Éditeur)
Gwendolyn Gourvenec, La délicatesse de David Foenkinos (Gallimard)
Lisa Wisznia, Le cœur à Genoux d'Alexandra Geyser(Stéphane Million Éditeur)
Frédéric Beigbeder, Un Roman français (Grasset)
Exposition photographies « Au bord d’elles » d’Alexandra Geyser.
Renaud Santa Maria & Natural Born TV pour mener l'ambiance.
Open bar BOUVET LADUBAY : Trésor Blanc & Bourgueil Cuvée Jean Carmet.
Partenaire Champagne PIPER-HEIDSIECK
En plus, tout le monde est sympa, pas de paillettes, c'est promis. On vous attend nombreux !

Beigbeder à la dernière soirée de Stéphane Million Editeur
Albertine
C'était sympa hier au Virgin mégastore des Champs-Elysées. Après avoir franchi le cap de la VIP liste, il fallait atteindre le centre du hall pour pouvoir entendre l'annonce de la sélection des romans de la rentrée.

Coupes de champagne, buffet truffé de petits fours, coups de sacs, et une sonorisation laissant à désirer pour les pauvres âmes du fond... Bain de foule assuré à l'intérieur, curieux à l'extérieur.

On aura quand-même croisé les têtes couronnées du milieu : Busnel, Arthus, Lehut... Et puis, l'armada d'attachées de presse et d'éditeurs. Que du beau monde...
Allez courage, ce soir , c'est la soirée de FNAC... Joker pour moi !
Albertine
Il y a des auteurs qui sont de vrais conteurs. S'immerger, se noyer dans les mots jusqu'à en oublier le reste, et puis laisser difficilement le livre, comme un amant qu'on quitte à contre-coeur. Ce que je sais de Véra Candida fait partie de ceux-là. Une fois encore, Véronique Ovaldé a frappé...et encore plus fort cette fois.
Tout commence avec l'arrivée de Véra Candida à Vatapuna. Ou plutôt avec son retour. On ne sait rien d'elle. Et puis, l'on remonte dans le temps, et dans l'histoire. Celle de la grand-mère de la jeune femme : Rose Bustamente, celle de Violette, la mère de Véra. Rose, Violette, Véra. Trois femmes de la même lignée, rongée par le destin qui les maltraite. La malédiction plane : enfanter une fille et ne pouvoir jamais révéler le nom du père. Trois femmes, trois époques, trois vies. Toutes sujettes aux fatalités propres à leur sexe.
Seule Véra Candida change la donne, et brise la malédiction en quittant l'île maudite...A quinze ans et, du jour au lendemain, elle plaque tout pour Lahoméria. Mais la jeune femme n'échappe pas à sa destinée, et se retrouve comme sa mère et sa grand-mère à porter un lourd secret...
Difficile d'en dire plus. Quelques lignes pour vous faire saliver. Le récit est propre, construit avec finesse. Les portraits de ces femmes sont merveilleusement réussis. On accroche dès le prologue ! Dans Et mon coeur transparent, Véronique Ovaldé donnait vie à la parole masculine. Dans Ce que je sais de Véra Candida, c'est aux femmes. La plume est soignée, tantôt douce, tantôt agressive. Les péripéties s'enchaînent. (Les lieux sont imaginaires, n'allez pas les chercher comme moi sur Google...) Rien de mieux pour voyager sans prendre l'avion !
Entièrement conquise, une fois de plus, par Véronique Ovaldé !
Albertine
En bonus l'interview de l'auteur !
Attention : samedi 12 septembre à 22h15, Métropolis sur Arte rencontrera Véronique Ovaldé, à suivre !
2. amandameyre le 28-08-2009 à 10:40:57
je suis dedans
4. Aurore-Sur mes étagères le 30-08-2009 à 21:20:13
Je confirme et j'approuve! Ce que je sais de Vera Candida est un des petits bijoux de la rentrée... Une petite fable hautement entêtante!
5. lilyetseslivres le 10-09-2009 à 18:58:38 (site)
Je l'ai commandé et reçu il y a quelques jours, ton avis conforte mon envie (ENORME) de le lire !
J'aime vraiment beaucoup son univers...
édité le 10-09-2009 à 18:59:05
édité le 10-09-2009 à 18:59:16
6. Virooo le 21-09-2009 à 10:52:09
Des femmes qui souffrent et qui se battent pour la vie ...
J’ai été envoûté par la magie des lieux dans lesquels Véronique Ovaldé nous plonge Je m’imagine cette grande villa au 132 marches, la plage avec ses barques retournées …
Un conte de 294 pages qui n’en laissera pas plus d’un indifférent 
Merci Albertine pour ce blog qui me permet de ne pas m'ennuyer au travail !
édité le 21-09-2009 à 10:52:31
Commentaires
1. brize le 12-09-2009 à 13:46:43 (site)
Tu évoques le style de l'auteur de très belle manière ! "L'annonce" est un livre que j'ai repéré parmi ceux de la rentrée littéraire et que je compte lire.
édité le 12-09-2009 à 13:47:06
2. Aurore-Sur mes étagères le 13-09-2009 à 20:42:01
J'ai bien apprécié ce livre, un peu rude é sans faux semblant, inspiré d'un film de Depardon...